Un chien qui reçoit un diplôme officiel, au milieu des uniformes, des drapeaux et des médailles. Rien que cette image intrigue, non ? À Marmande, en Lot-et-Garonne, Upso, un border collie de 2 ans, est devenu la vraie star de la Sainte-Barbe. Et derrière cette scène touchante, il y a une histoire de courage, de flair incroyable et de lien très fort entre un pompier et son chien.
Un chien pompier décoré comme un vrai sapeur
Lors de la Sainte-Barbe, la fête traditionnelle des pompiers, on remet des médailles, on honore les années de service, on remercie les équipes. Cette année-là, au centre de secours de Marmande, un invité un peu spécial se tenait au pied de l’estrade : Upso.
À côté de son maître, l’adjudant Alexandre Frecchiami, le jeune border collie a reçu un diplôme officiel. Comme un véritable collègue, reconnu pour ses compétences. Ensemble, ils forment l’équipe cynotechnique de la caserne. Autrement dit, le duo spécialisé dans la recherche de victimes.
Ce jour-là, l’adjudant reçoit une médaille pour ses 20 ans de service. À ses pieds, Upso le regarde, calme mais aux aguets. Dans la cour, le colonel, les autorités, les familles, tout le monde observe cette scène un peu émouvante. Un pompier et son chien, décorés côte à côte.
Qui est Upso, ce border collie pas comme les autres ?
Upso n’est pas un chien comme ceux que vous croisez au parc. C’est un chien pompier, formé pour des missions très précises. Il a intégré la caserne de Marmande à seulement deux mois. Tout petit, il était déjà promis à un métier très particulier.
Pourquoi un border collie ? Car ce sont des chiens de berger, proches de l’humain, éveillés, très fidèles. L’adjudant Frecchiami l’explique simplement : avec l’expérience, on voit très vite si un chiot a le potentiel. Dès 2 mois, certains signaux ne trompent pas : curiosité, envie de jouer, capacité à se concentrer.
Depuis, Upso grandit dans deux familles à la fois. Celle de la caserne, avec les autres pompiers. Et celle de son maître, la famille Frecchiami, chez qui il vit au quotidien. Ce n’est pas juste un outil de travail. C’est un compagnon de vie.
Un entraînement régulier, comme un athlète du secours
Comme n’importe quel sapeur-pompier, Upso suit un entraînement régulier. Ce n’est pas un chien que l’on appelle au hasard le jour où tout va mal. Il doit être prêt, physiquement et mentalement.
L’adjudant Frecchiami s’entraîne avec lui plusieurs fois par semaine. Ils travaillent le jeu, la recherche, le rappel, les ordres vocaux. Pour Upso, tout passe par le plaisir. Pour le maître, c’est du sérieux, car une erreur sur le terrain pourrait coûter cher.
Les exercices se font en milieu naturel ou urbain. On cache une personne, on laisse Upso la chercher. On simule un égaré dans un bois, ou une victime immobile derrière un bâtiment. L’objectif : faire en sorte que, le jour J, les gestes soient naturels.
Ce que fait vraiment un chien pompier sur le terrain
Les missions d’Upso vont bien au-delà de la simple démonstration. Son travail, c’est la recherche de victimes. Surtout des personnes perdues ou ensevelies.
- Personnes égarées en forêt ou en campagne
- Disparus en milieu urbain, par exemple des personnes âgées désorientées
- Victimes ensevelies après un effondrement ou un glissement de terrain
Dans ces situations, chaque minute compte. L’odorat d’un chien bien formé peut repérer une présence humaine là où les yeux ne voient rien. Là où la nuit, le brouillard ou les décombres rendent la recherche humaine très difficile.
Upso peut être mobilisé dans tout le Lot-et-Garonne, et même en Dordogne si besoin. Un petit chien de 2 ans, mais un rôle immense. Derrière chaque intervention, il y a l’espoir de retrouver quelqu’un vivant.
Une caserne très active, un duo au cœur du dispositif
Le centre de secours de Marmande n’est pas une petite structure tranquille. Pour l’année 2025, les chiffres donnent le vertige : 2 658 interventions au total. Parmi elles, 76 % concernent le secours d’urgence aux personnes, soit plus de 2 000 sorties.
Sur place, on compte 26 sapeurs-pompiers professionnels, 57 volontaires, une assistante. De nouvelles recrues arrivent, certains sont d’anciens jeunes sapeurs-pompiers. C’est un monde en mouvement, avec des équipes qui se relaient jour et nuit.
Dans ce flux d’alertes et de sirènes, l’équipe cynotechnique a une place particulière. On ne l’appelle pas tous les jours, heureusement. Mais quand le téléphone sonne pour Upso et l’adjudant Frecchiami, c’est souvent une situation délicate. Une personne qui ne répond plus au téléphone. Une voiture retrouvée vide. Un sentier où quelqu’un n’est jamais rentré.
Une complicité de tous les instants
Hors service, Upso n’est pas enfermé dans un chenil loin de tout. Il vit avec la famille Frecchiami. Il joue avec les enfants, avec les autres chiens de la maison. Il dort dans un panier, se balade, reçoit des câlins. C’est cette complicité permanente qui fait aussi sa force sur le terrain.
Pour qu’un chien sauve des vies, il doit avoir confiance en son maître. Et l’inverse est vrai aussi. Sur une recherche en pleine nuit, dans un bois humide, sous la pluie, l’adjudant suit les réactions de son chien presque comme un langage silencieux.
Une oreille qui se dresse. Une course qui change de direction. Une insistance sur une zone. Tout devient un indice. Le lien qui se tisse au quotidien devient un véritable outil de travail.
Des tests annuels et une retraite bien méritée
Upso n’est pas seulement jugé sur ses bonnes actions passées. Chaque année, il doit passer des tests d’aptitude. On vérifie son odorat, sa motivation, sa forme physique, sa capacité à rester concentré. S’il n’est plus au niveau, on ne le met pas en danger.
Le jour où il ne pourra plus exercer, il n’ira pas dans un refuge. Il prendra tout simplement sa retraite dans le salon familial. Il deviendra un chien de maison à plein temps. Une autre vie, plus tranquille, mais toujours aux côtés de ceux qu’il aime.
L’adjudant Frecchiami en parle avec le sourire. Avant Upso, il a déjà travaillé avec deux autres chiens de recherche. Il sait qu’un jour, la carrière d’Upso s’arrêtera, mais que leur histoire, elle, continuera différemment.
Une vocation née chez les jeunes sapeurs-pompiers
Ce métier un peu à part, l’adjudant ne l’a pas choisi par hasard. Déjà lorsqu’il était jeune sapeur-pompier (JSP), il rêvait de cette spécialité cynotechnique. Il commence sa carrière à Tonneins, obtient sa qualification en 2012 en Essonne, puis rejoint Marmande en 2019.
Derrière la belle image du chien héros, il y a des années de formation, de stages, de nuits dehors, de patience. Travailler avec un chien, cela demande du temps, de la rigueur et beaucoup de passion. On ne sépare pas le professionnel de l’affectif. Les deux sont liés en permanence.
Pourquoi cette distinction marque les esprits
Voir un chien recevoir un diplôme lors d’une cérémonie officielle, cela surprend. Cela fait sourire aussi. Mais surtout, cela rappelle une chose : derrière chaque sauvetage, il y a des femmes, des hommes, et parfois des animaux formés pour aider.
Cette distinction rend visible un travail souvent discret. Elle montre aux habitants que, dans leur département, une équipe homme–chien se tient prête à partir pour retrouver leurs proches. De jour comme de nuit.
La prochaine fois que vous verrez passer un camion de pompiers, vous penserez peut-être à Upso. À ses pattes sur le sol, à son museau qui cherche une trace, à son maître qui le suit de près. Et à cette idée simple : parfois, une vie sauvée commence par un chien qui se met à courir dans la bonne direction.










